🇨🇩RDC : une ONG anticorruption pointe la mauvaise gestion de l’ex-direction de la SNCC

Dans un rapport, la Banque mondiale se disait «hautement insatisfaite» des résultats de ses investissements au profit de la SNCC.

La Ligue congolaise de lutte contre la corruption appelle les nouveaux dirigeants de la sociĂ©tĂ© des chemins de fer, tous deux d’ex-opposants, Ă  demander un audit de l’entreprise, non seulement sur les fonds versĂ©s par le gouvernement congolais, mais aussi par la Banque mondiale. Dans un rapport dont RFI a obtenue copie, l’institution, qui avait investi dans les transports dans le pays, se plaignait du peu de rĂ©sultats alors que cette sociĂ©tĂ© d’État Ă©tait dirigĂ©e par celui qui est devenu Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Pour la Banque mondiale, le bilan Ă  l’issue de cinq annĂ©es de soutien, c’est que la situation financière Ă  la SNCC est « malsaine Â». La SociĂ©tĂ© nationale des chemins de fer du Congo est mĂŞme « en faillite Â», selon le rapport de fin de projet de l’institution, dont RFI a obtenu une copie. 

Il a fallu se sĂ©parer d’un tiers des employĂ©s – quelque 4 000 –, rĂ©habiliter des wagons et locomotives… MalgrĂ© cela, les auteurs de ce rapport se disent « hautement insatisfaits Â» des rĂ©sultats et redoutent que les investissements ne survivent pas Ă  la fin du projet. L’institution de Bretton Woods avait investi dans le secteur du transport en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo près de 400 millions de dollars en cinq ans.

Du cĂ´tĂ© des nouveaux dirigeants nommĂ©s par FĂ©lix Tshisekedi, on dit ĂŞtre informĂ© du caractère « kamikaze Â» de la mission confiĂ©e par le chef de l’État, mais on se dit prĂŞt Ă  « faire une autopsie sans complaisance Â» de la sociĂ©tĂ© d’État. Avec dĂ©jĂ  quelques objectifs en tĂŞte : utiliser le rail pour les exportations minières et travailler Ă  l’interconnexion, notamment avec le voisin angolais.

Pour la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco), il faut arracher un audit, non seulement sur les fonds versĂ©s par le gouvernement congolais, mais aussi sur ceux versĂ©s par la Banque mondiale, mĂŞme si cela risque d’Ă©clabousser le tout nouveau Premier ministre.

Nous rĂ©clamons qu’il y ait un audit et que les coupables soient traduits devant les tribunaux.

Du cĂ´tĂ© du FCC, la coalition pro-Kabila dont il est issu, on assure ne rien redouter d’une Ă©ventuelle enquĂŞte sur la gestion de Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Dans l’opposition, on dit attendre de voir si les nouveaux dirigeants, Gabriel Kyungu, proche de MoĂŻse Katumbi, et Fabien Mutomb, ancien prĂ©sident du groupe UDPS Ă  l’AssemblĂ©e, consacreront ou non l’impunitĂ©.

Une autre organisation, l’Observatoire de la dĂ©pense publique, dĂ©nonce elle les nominations Ă  la GĂ©camines, qu’elle qualifie de « choix de la continuitĂ© et de la mauvaise gouvernance Â». FĂ©lix Tshisekedi a reconduit Albert Yuma, proche de Joseph Kabila, qui a Ă©tĂ© particulièrementpointĂ© du doigt par les ONG ces dernières annĂ©es.

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