🇨🇩RDC: des Ă©coles catholiques n’appliquent pas la gratuitĂ© de l’enseignement

La gratuité de l’enseignement de base, mesure promise par Félix Tshisekedi, n’est toujours pas financée. La présidence exige qu’elle soit appliquée en attendant les premières mesures de compensation mais des écoles peinent à appliquer cette mesure, notamment certaines écoles catholiques.

Le Syndicat des enseignants du Congo pointe du doigt certaines Ă©coles catholiques conventionnĂ©es avec l’État. Selon la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du Syeco, ces Ă©tablissements privĂ©s contournent les instructions du nouveau chef de l’État qui entend appliquer la gratuitĂ© dans les Ă©coles primaires et Ă©pargner ainsi aux parents cette lourde charge. CĂ©cile Tshiyombo, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du Syndicat des enseignants du Congo, dĂ©nonce cette situation : « Ces Ă©coles continuent Ă  demander Ă  ce que les parents paient les frais. Au Nord-Kivu, il y a des Ă©coles toujours conventionnĂ©es catholiques qui exigent que les parents continuent Ă  payer les frais de fonctionnement. On ne peut pas avoir un État dans un État Â».

Jean-Bosco Puna, du Syndicat national des enseignants catholiques (Synecat), souhaite nuancer : les Ă©coles catholiques qui ne jouent pas le jeu de la rĂ©forme sont peu nombreuses : « C’est vraiment un pourcentage très nĂ©gligeable, je dirais mĂŞme un sur dix. Aucun chef d’établissement ne doit recourir encore aux parents. Les Ă©coles fonctionnent jusqu’à ce jour avec les prĂ©visions budgĂ©taires de l’annĂ©e passĂ©e qui Ă©taient concoctĂ©es avec les parents. Et ça prenait mĂŞme le mois de septembre Â».

Pas de confiance en l’État

ApprochĂ© par RFI, un responsable d’une Ă©cole catholique de Kinshasa dit ne pas croire Ă  la franchise de la prĂ©sidence de la RĂ©publique qui « n’a ni planifiĂ© cette mesure ni anticipĂ© son financement Â». Aucun financement public n’est d’ailleurs prĂ©vu avant le mois d’octobre. Le prĂ©sident a toutefois annoncĂ© ce mardi 10 septembre 2019 lors d’un discours Ă  Brazzaville que les dĂ©penses de l’Éducationpasseront de 8% Ă  près de 20% dans le nouveau budget.

De leur côté, les enseignants menacent de faire grève d’ici deux semaines si les pouvoirs publics ne convoquent pas au plus tôt une réunion tripartite pour discuter de leur enveloppe salariale qu’il voudrait voir multiplier par dix.

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